[Écriture et littératie] Pratiques littéraciées de haut niveau et prise en compte du sujet

glasses-272399_1920En France, en Belgique, en Suisse ou au Québec, dans un contexte social, scolaire et universitaire, où les attentes en matière d’acculturation à l’écrit/ure sont de plus en plus fortes, des recherches menées dans des disciplines très diverses (linguistique, psychologie, didactique du français et de l’écrit/ure, sciences de l’éducation, sociologie, etc.) et inspirés notamment par les travaux de Goody (1979) et d’Olson (1998), s’intéressent à ce qui fait obstacle/favorise cette acculturation à des usages personnels et sociaux de l’écrit/ure qui font de plus en plus appel à la réflexivité du sujet. Ces travaux s’inscrivent dans le champ des littéracies (universitaires ou non), un champ en plein développement dans le monde francophone depuis le début des années 2000.

Responsable scientifique : Jacqueline Lafont-Terranova (Laboratoire Ligérien de Linguistique – LLL – UMR 7270)

En collaboration avec des chercheurs des universités de Créteil, Bordeaux, Sherbrooke (Québec).

En lien avec la Maison Interdisciplinaire des Systèmes Complexes (universités d’Orléans et de Tours)

Objectifs et données recueillies

À partir de l’analyse d’expérimentations en cours, l’objectif central du projet, qui s’inscrit dans le champ des littéracies universitaires,  est de montrer  comment des outils conceptuels élaborés dans le cadre d’une didactique de l’écrit(ure) référée à des disciplines scolaires peuvent permettre de construire, dans l’enseignement supérieur, des dispositifs d’accompagnement des pratiques littéraciées visant la construction de savoirs, et d’envisager un transfert didactique dans les disciplines scolaires, lorsque le public visé est constitué de (futurs) enseignants. L’étude s’appuie sur l’analyse de déclarations et de productions d’écrits d’étudiants insérés dans des contextes de formation différents, tant sur le plan des systèmes universitaires (France, Québec) que sur celui des filières (technologique, linguistique, formation des maitres, etc.).

Ce projet s’articule avec le projet « Prise en compte de la complexité dans les pratiques littéraciées de l’enseignement supérieur », la Maison Interdisciplinaire des Systèmes Complexes (MISC) des universités d’Orléans et de Tours, qui s’appuie sur des données issues des mêmes expérimentations et dont l’objectif est double [1]

– « montrer, qu’on ne peut réduire une pratique d’écriture à des gestes techniques, certes indispensables, mais qui ne sont efficaces que s’ils s’intègrent dans une chaine de procédures cognitives, qui gagnent à être verbalisées par le scripteur» ;

– « modéliser le processus d’écriture, à partir de l’analyse de ces procédures sous-jacentes, en vue d’automatiser la procédure de son étude ».

Méthodes

Les études menées dans le cadre de ces deux projets viseront à cerner

1) les représentations et le rapport à l’écrit/ure des étudiants considérés, à partir d’analyses de contenu de déclarations portant sur leurs activités et procédures scripturales : il s’agira  d’évaluer dans quelle mesure la façon dont ces scripteurs verbalisent leur relation à l’écriture et leurs procédures scripturales fait obstacle/favorise leur acculturation aux écrits attendus dans leur filière ; 

2) l’analyse de l’évolution d’écrits remis sous la forme de deux versions.

Il s’agira de :

– « repérer et classer les opérations de réécriture effectuées entre deux versions grâce au logiciel MEDITE» [1], « qui mime les opérations exécutées à la main par le philologue qui compare des textes. Il comprend une interface permettant aussi bien de visualiser les modifications faisant passer d’un état du texte à un autre, que de recenser toutes les modifications, ajouts, suppressions, déplacements ou remplacements » (Fenoglio, Lebrave et Ganascia, 2007). En savoir plus.

L’optimisation du logiciel MEDITE «en vue d’obtenir des résultats statistiques portant sur l’ensemble des écrits analysés» [1] ainsi que la constitution d’une base de données des écrits recueillis sont en cours grâce à l’aide technique apportée par la MISC et par la MSH Vdl.   

– « étudier les effets de ces opérations de réécriture sur la qualité linguistique, textuelle, discursive et générique des écrits produits, en s’attachant à compléter les analyses qualitatives par des résultats statistiques » [1].

À voir

[1] http://www.univ-orleans.fr/sites/default/files/Maison%20Interdisciplinaire%20des%20Syst%C3%A8mes%20Complexes/documents/ap_misc_proposition_lafont-terranova.pdf

 


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